Les décideurs ont décidé : cet arbre doit disparaître ! Des panneaux, des banderolles sont placés, ça fait plus sérieux. Lui ? ça ne l'impressionne pas.
On l'a encore mutilé, par petits bouts. Enfin, petits, à son échelle. Car des petits bouts
de branches de cette taille... Pas commodes comme brindilles pour allumer du feu !
Sa nudité, son petit air penché ? Pseudo faiblesse, il tient bon !
Et je l'entends crier fort de toute sa masse pachydermique :
" Hommes,
J'ai vécu plus de deux de vos vies,
Voyez ma sève humide et mon bois sain et dur,
Je pouvais encore longtemps ombrager ces lieux, verdir le paysage, abriter les oiseaux,
Et mon feuillage bruire joliment aux oreilles de Bricolo,
Ma voisine et amie.
Vous abrégez mon temps, sans scrupule et hargneux, ingrats, indifférents : humains, pour tout dire.
Il vous faudra encore peiner, haleter et suer avant de m'anéantir,
Et je réserve mes pieds en terre à beaucoup d'autres de vos soupirs ! "
J'ai vécu plus de deux de vos vies,
Voyez ma sève humide et mon bois sain et dur,
Je pouvais encore longtemps ombrager ces lieux, verdir le paysage, abriter les oiseaux,
Et mon feuillage bruire joliment aux oreilles de Bricolo,
Ma voisine et amie.
Vous abrégez mon temps, sans scrupule et hargneux, ingrats, indifférents : humains, pour tout dire.
Il vous faudra encore peiner, haleter et suer avant de m'anéantir,
Et je réserve mes pieds en terre à beaucoup d'autres de vos soupirs ! "
Humains au sens le plus péjoratif du terme, hélas...