J'ouvre enfin les yeux, je souris. Je suis affalée au milieu de mes outils. Quelle pagaille ! Toutes les vis contenues dans
mes casiers ont volé pêle-mêle partout... Je souris encore et je tends les bras comme un bébé pour qu'on m'aide à me relever. Doucement... Pas trop vite. D'abord m'asseoir sur la marche
de l'entrée. Revenir peu à peu sur terre.
Que s'est-il passé ?
Sa porte ouverte, car il faisait beau, une voisine a entendu un grand vacarme métallique. Elle a pensé qu'il s'agissait d'un
incident dans l'échafaudage de l'église voisine qui est en travaux. Elle est sortie pour voir, et alors m'a aperçue ratatinée, inerte, sur le sol de mon entrée. Elle a sans doute rameuter les
ouvriers d'à côté. Ce devait être les voix d'hommes que j'ai entendues. (Plus tard, j'ai constaté, surprise, que ma grande échelle, qui est en quatre parties, était repliée et rangée. Je ne
m'étais rendu compte de rien. )
J'abrège. J'allais bien, un peu sonnée mais aucune douleur, sinon deux très grosses bosses sur le crâne. Alors cette gentille
voisine m'a dit d'attendre le retour de son mari (elle ne conduit pas) pour me conduire à l'hôpital. J'ai d'abord dit non, puis me suis ravisée quand j'ai regardé d'un oeil critique la hauteur
depuis laquelle je m'étais envolée sans ailes !
Le lendemain, j'ai examiné les lieux du crime pour comprendre. D'abord mon inconscience. En fait, dans la première
seconde, j'ai dû m'assommer en frappant de la tête la rampe d'escalier en fer forgé. Ce qui explique que je n'ai rien vu, ni senti du reste de ma chute. Une inconscience qui a amenuisé les
chocs, car je suis tombée toute molle, sans la raideur des réflexes, mains en avant, etc, qui occasionnent souvent des blessures de ces précieux outils !
Et puis j'ai voulu savoir pourquoi j'étais tombée, ce qui n'était pas évident.
Conclusion de Bricolo-expert = Coupables : les petites vibrations de la perceuse. Lesquelles se sont répercutées en moi, qui les a répercuté à l'échelle, laquelle, d'une façon
imperceptible s'est déplacée jusqu'à glisser en déséquilibre. Un ou deux trous de moins, et il ne serait rien arrivé ! Ou bien si je m'étais interrompu pour descendre chercher quelque chose
dont j'avais besoin... mais j'avais tout préparé !
Ah, ces petites vibrations... Rien de bien remarquables et bien éloignées de celles d'un marteau piqueur ! Et pourtant...
Devant percer souvent, je savais penser aux effets des vibrations dans le mur. Et, par exemple, je décrochais un tableau, ou retirais un objet fragile d'une étagère proche. Mais j'avoue n'avoir
jamais pensé qu'elles pourraient être dangereuses, dans l'autre sens, c'est-à-dire à travers moi ! Sans vraiment y réfléchir, il me semblait que la chair, matière souple, amortissait les
petites vibrations comme du caoutchouc. Eh bien non. CQFD.
Retenez bien, bricoleuses, bricoleurs : petites vibrations = danger !
PS : Rien au visage, habillée (en pantalon) : rien d'apparent. Merci l'ange !
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