Dimanche 24 août 2008

          Pas courageuse, Bricolo. Le soleil et la chaleur invitent à la paresse, non ? Alors disons que c'est le temps des activités de vacances. Juste des petites choses qui font plaisir.
        Notamment un planisphère collé sur d'épaisses plaques de polystyrène, afin de pouvoir y planter des épingles, puis encadré. J'en avais très envie depuis longtemps. D'abord parce que j'aime bien regarder, "embrasser" ces continents et ces eaux qui sont notre Terre. De moins en moins inconnus, de plus en plus parcourus, les pays ne sont
toutefois pas toujours faciles à situer dans l'ensemble géographique. Ainsi, à présent, un coup d'oeil me suffit. J'ai une fille grande voyageuse, et j'ai aussi un peu bougé. Alors j'ai piqué tous les endroits de séjour et pris plaisir à tracer en fils de couleur les parcours un peu particuliers. En fil d'or, une vedette : un tour du monde.
         C'est un peu encombrant (1,50mX1,10mX0,06m). Mais tout le monde le regarde avec intérêt pour chercher ses propres voyages, alors puisqu'il est aussi soigneusement présenté qu'un beau tableau, il a finalement une bonne place près de la porte d'entrée.


           Et encore un petit travail sympa dont vous reconnaîtrez les couleurs et le motif :


         Heu... Je ne peux pas cacher que la véranda n'est pas encore faite...

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Samedi 23 août 2008

          Le 25 mars dernier, depuis un webcafé je vous avais écrit qu'un terrible orage venait de ravager "Malaga este", dont mon village. Des heures de foudre tonnante, d'averses de pluie et surtout de grêlons. T
out avait sauté : trois jours sans électricité et sans téléphone.  Et je devais à ce jour-là mon PC grillé, suivi de trois mois et demi de tracas (assurance) pour en récupérer un neuf et être à nouveau connectée.
         De mémoire de villageois, pourtant seniors, on ne se souvenait pas d'un tel déchaînement du ciel. J'en parlais hier avec un voisin qui déplore une saison sans fruits ainsi que nombreux arbustes morts. La grêle s'étant abattue en pleine floraison a été jusqu'à blesser mortellement certains plants, et a également tué beaucoup d'abeilles en pleine récolte. On craint une polinisation faible qui risque de se répercuter au printemps prochain par une maigre production.  Je viens de retrouver des photos. J'espère qu'elles resteront des images exceptionnelles.



                Débris d'un petit mandarinier que j'avais planté quelques jours plus tôt... Mauvais choix de date !


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Vendredi 25 juillet 2008

          Ce n'est pas un scoop, il fait chaud, et même très chaud, particulièrement ici.

          Et les chauffeurs de taxis râlent, car bien sûr, même dans leurs voitures toute blanches, il fait très chaud. Les systèmes d'air conditionné, surtout à l'arrêt, consomment énormément de carburant, et les ventilateurs ne brassent que l'air chaud. Pfffuuu !...
           Alors, ils râlent. Pour le prix du carburant ? - Non. Enfin si. Mais pas cette fois.
         Hier, pendant le journal télévisé, je me demandais si je comprenais bien le sujet, car les images de la caméra me semblaient bizarres.
          Eh bien oui, je comprenais bien !  ???
         La loi espagnole ne permet pas aux chauffeurs de porter des tenues dites "d'été". Même lorsqu'il fait chaud, ils doivent porter une tenue de ville dite "correcte" : chemise, ou chemisette, ou polo, avec manches longues ou courtes, des pantalons longs, et des chaussettes dans les chaussures. Donc : pas de débardeur, de bermuda, de sandales.
          Et c'est sérieux ! Un chauffeur de Malaga a cru pouvoir passer outre avec bermuda et sandales. A l'aéroport, alors qu'il chargeait des bagages dans son coffre, la "Guardia civil" de surveillance l'a vu, et il s'est pris l'amende encourue, plusieurs centaines d'euros. Il a refusé de payer. Au tribunal, il a perdu : la loi c'est la loi. C'est une tenue de travail pour le respect des clients.
           Voilà pourquoi j'avais une suite d'images de mollets en gros plan ! Quant aux femmes, il y en a quelques-unes, pour elles, tenue identique, pas de genoux à l'air et d'aisselles  visibles.

          J'ai bien écouté, j'arrive à traduire presque tout à présent. Les avis des intéressés sont partagés, et se distinguent surtout avec la différence de génération. Les plus jeunes voudraient l'abrogation de la loi, les "anciens", qui ont chaud autant que les autres, trouvent que c'est plus correct. J'ai même entendu la réflexion : "qu'ils le savaient dès le passage du permis, qu'il fait chaud ici toute l'année, et que s'ils ne sont pas d'accord, ce n'est pas un métier pour eux  !"
            Du bon sens, qui, ma foi, tout comme cette loi, ne me déplaît pas.

          - Que disent les lois des autres pays ?

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Lundi 21 juillet 2008
     
        
         Qu'a donc fait Bricolo quand elle "bossait comme une dingue" pour combler son "manque" de PC ? Ce que je peux appeler de la routine, à présent : des placards, encore des placards. En voici quelques-uns :



             ... Et de la menuiserie d'aménagement pour habiller deux des murs de miroirs.  Pas par narcissisme, mais parce que cette grande pièce d'entrée, au niveau bas, n'a pas de fenêtre. Enfin si, maintenant qu'il y a une nouvelle porte d'entrée en partie vitrée, mais c'est tout de même très sombre. Et impossible d'en percer une : mur porteur de 60 cm d'épaisseur, parcouru à l'intérieur par les conduites d'eau et d'électricité, et contenant les deux compteurs encastrés.

             Ah, les murs anciens ! Pas d'applomb, bombés, tantôt concaves, tantôt convexes. Ce n'est pas sans charme. Mais pour habiller ces deux murs, l'un de dalles, l'autre de grands panneaux, il m'a fallu construire des coffrages en menuiserie pour permettre la juxtaposition bien plate des miroirs sans avoir un effet de caléidoscope ! J'y ai passé un temps fou pour poser des petites cales au fur et à mesure à chacun des carreaux. Vous n'aurez qu'un petit aperçu de ce travail, le début du panneau de carreaux de 30x30, car si à présent les deux panneaux sont terminés, ils reflètent la pièce, qui est encore mon atelier-chantier, à l'infini ! Pas décoratif du tout !


             Et puis, mon cauchemar.
            J'en repousse la solution (et la réalisation) de semaine en semaine. Sur la façade de la maison (qui n'est d'ailleurs pas la façade, mais c'est le mur où se trouve la porte d'entrée de ce niveau-là), il y avait un vilain auvent en maçonnerie, que j'ai, en partie, détruit. Je pense me servir de la base comme support  pour faire un auvent sur tout la longueur du mur. A l'autre bout, cet auvent couvrira un réduit clos qui sera un point d'eau d'arrosage et de nettoyage (vidange du seau de nettoyage des carrelages - rangement des balais - poubelle de recyclage papier). J'en ai terminé la plomberie et le tout-à-l'égout. Et j'ai construit aussi (au premier plan) une autre grande jardinière, jumelle de celle du bas. (La routine, je vous dis !)


         Il me faut : et modifier, en hauteur et en profondeur, les deux petits murs élevés en briques, qui n'ont pas les bonnes dimensions ; et poser une porte pleine ; et trouver un système d'étanchéité là où seront fixés contre le mur les panneaux ondulés en forme de tuiles, et puis aussi trouver comment les fixer. Et naturellement, tout comme à l'intérieur, la surface du mur n'est pas droite et il y a même un grand décalage arrondi à l'extrémité !
         Mes compétences nouvelles en maçonnerie sont limitées, mais je crois malgré tout que je pourrai m'en sortir. Bricolo se creuse la tête... Mais, ah ! (gros soupir) franchement, de tous mes travaux, ceux-ci sont vraiment une corvée !
          Mais, chut ! Je fais traîner avec une bonne excuse : c'est au soleil, il fait trop chaud, et le mur blanc m'éblouit !
          Le jour où vous en verrez la photo, travaux finis : je serai heu-reuse !

PS : Depuis le début de mes travaux, il y a une condition impérative : tout réaliser au moindre coût. Elle est sous-entendue, mais ne semble pas être évidente puisque parfois l'on m'a dit :" Y'a qu'à faire ceci, y'a qu'à mettre cela... ", ce qui entraînerait des frais que je ne souhaite pas. Evidemment, si l'on ne compte pas, les choses sont infiniment plus faciles !
   Encouragée par mes découvertes de plomberie et de carrelage (pour ma salle d'eau), après  avoir poussé des soupirs en achetant mes premiers panneaux, tasseaux, etc. (qu'est-ce que tout le bricolage a augmenté ! Parfois je trouve, en euros, la même somme dont je me souvenais en francs !), j'ai alors mis ma fierté de côté et cherché à récupérer le plus possible de matières premières. J'ai notamment trouvé les conteneurs de décharge d'une usine de fabrication de meubles*, et rapporté des panneaux de meubles neufs, au rebut pour bris ou défauts. Ainsi, presque tous les éléments de mes placards sont "retaillés" dans des portes, des côtés, des fonds, et peints en blanc, couleur locale. Et pour la quincaillerie, je fouille dans mes casiers et mes précieuses petites boîtes de vis, de clous, etc., et trouve généralement mon bonheur ! Prix de revient moins élevé ? Pas possible !
      *Ouf, heureusement que j'arrive à la fin de mes travaux, car on ne peut plus y accéder.


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Samedi 19 juillet 2008
(Grrr... Encore huit jours de panne !)

           Coupée dans mon élan de reportages par cette *>!"<*! panne et rendue un peu maussade, je reviens vous (et me) mettre un peu de baume au coeur avec de jolies images-souvenirs de ce printemps.

          Si, surtout sensible aux détails des paysages de nature, vous souhaitez visiter l'Andalousie, choisissez entre la mi-avril et la mi-juin, variable d'une quinzaine selon le temps qu'il aura fait précédemment. Une période que je n'hésite pas à baptiser : le temps des fleurs.
        Cette année, il a énormément plu à la fin de l'hiver. Je l'ai déploré en raison de très désagréables infiltrations dans ma maison, mais ensuite, compensation : mes déplacements, mes promenades ont été un ravissement. Sur la terre bien arrosée puis, peu après, bien réchauffée,
exceptionnelle profusion le long des routes, des chemins, dans les gorges ou à flanc de montagne, ce n'était que fleurs. De toutes couleurs, de toutes formes. A se demander comment, alors que la terre en cette région chaude est la majorité de l'année aride car asséchée, oui, comment il était possible que tant d'espèces aient pu germer là, en pleine nature, loin de toute culture, quelquefois simplement dans quelques dizaines de centimètres entre la roche des parois et le goudron de la route, mais sur des kilomètres ! Des fleurs connues, des inconnues. Et pour celles que je connaissais, une dimension, une vivacité dignes des parterres des meilleures mains vertes !
          Ici, quelle que soit leur pente, tous les terrains sont plantés, principalement d'oliviers et d'amandiers. L'entretien des sols sous les arbres est exemplaire. Dès la fin des pluies de printemps, tracteurs à chenilles ou mules et mulets passent la herse sans laisser le moindre buisson étranger à la culture. Il faut faire vite, car les racines doivent être arrachées avant qu'elles ne soient trop coriaces. Mises à l'air et privées d'humidité pendant plusieurs mois, l'implacable soleil,
en les asséchant, les endormira jusqu'au l'automne. C'est pourquoi très vite ont disparu les champs de fleurs. J'en ai sauvé quelques images, hélas pas aussi magnifiques que la réalité, mais vous imaginerez...

         Que la chanson y soit ou non pour quelque chose, j'aime les coquelicots. Plus au nord-ouest, en allant vers Sevilla, ces étendues écarlates sont habituelles avant la poussée des blés, dont la culture est là-bas renommée. Mais cette année, point besoin de long parcours,
j'ai été gâtée, voici comment s'offraient les alentours de mon village.
          On dirait presque un montage photo...

          

          Profusion sous les oliviers et les amandiers.
          Saisie juste avant de devenir comme les plantations que l'on aperçoit, au fond.


             Dommage ? Il est vrai que des visiteurs le déplorent, se "plaignant" de ne plus trouver beaucoup de terrains esthétiquement plus naturels. Mais il y a deux importantes raisons à ce nettoyage : la récolte, cueillette ou ramassage des fruits, sera facilitée, et c'est un indispensable débroussaillage anti incendie...


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Jeudi 10 juillet 2008
 
       C'était le 2 avril dernier. En fin de journée, j'ai pris l'air (j'avais fait de la peinture à l'intérieur, cela s'imposait) allant marcher dans les prés de la colline d'en face après avoir emprunté un sentier de chèvres, petite promenade pédestre familière.
J'eus le loisir d'admirer le long du chemin les premières fleurs du printemps, et le sol habituellement aride qui verdissait après plusieurs jours de pluie.
       Je me promenais donc, un peu éblouie par le soleil, quand soudain, à mes pieds, une découverte : "Ah, ça alors, mais ce sont MES fleurs !" Je me penchai : pas de doute, des iris violets ! Grands furent mon étonnement et mon admiration devant la particularité de ces fleurs, poussées là, sauvages. Mon titre de blog et sa couleur le révèlent : les iris violets sont mes fleurs préférées, alors quel plaisir !
          Depuis des années, je ne cueille plus aucune fleur dans la nature, préférant les laisser vivre plus longtemps là où elles sont nées, mais ce jour-là, j'ai fait exception.
           J'en ai gardé une image pour vous. Je vous l'offre avec quelque retard, mais vous savez pourquoi...


    Jolies fleurs, mais banales, direz-vous. Eh bien non ! Car voici pourquoi j'ai été tant étonnée :


                                                            Ces iris sont lilliputiens !

         Je n'ai pas pu sortir le jour suivant, mais l
e surlendemain je suis retournée dans la prairie avec l'intention de prélever quelques bulbes. J'ai cherché vainement. Plus aucune trace, quels que soient les emplacements que j'avais remarqués. Deux jours de plein soleil sur la terre chaude et sèche les avaient fait disparaître...
         Celles qui buvaient chez moi ne vécurent que vingt-quatre heures de plus. Autrement dit, je suis arrivée pile pour admirer leur courte vie.
          Quelle chance. Merci dame Nature...

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Vendredi 4 juillet 2008

        Plus de trois mois de silence, et, c'est vrai, comme le supposent mes virtuels mais non moins fidèles amis Nany, et Jean, et vous, inconnu(e)s qui me rendez régulièrement visite, j'aurais beaucoup à conter, à raconter. Toutefois, comme je l'ai écrit hier, il me faut un peu de temps pour me ré-habituer à écrire, tant il est vrai qu'un "scribe" privé longuement de ses tablettes devient un amputé des mains et du cerveau.
C'est pourquoi, pour commencer, je ne vous informerai que d'une pratique très originale que j'ai découverte, ici, en Espagne.

       Souvent est évoquée la fierté des Andalous, ces gens du sud au caractère aussi chaud que leur soleil. Si bien que j'ai supposé que ce je vais vous décrire s'appuyait sur une éventuelle honte insupportable.

        Ici, comme ailleurs, il y a des mauvais payeurs, vous n'en douterez pas !
       
Lorsque la somme est importante, en dehors du "trou dans la caisse" que cela représente,  il y a l'agacement, l'irritation de "se faire avoir", moquer, "mener en bateau" par qui doit, mais néglige, se moque. On  rumine, on s'irrite, on peste, on brûle de colère contre le débiteur malhonnête, surtout lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui fait publiquement bonne figure, et dont on sait qu'il n'est pas "économiquement faible".
         Alors ? Excédé, le lésé jure vouloir "lui garder un chien de sa chienne", expression qui, à mon avis, est bien injuste envers les meilleurs amis de l'homme, car elle sous-entendrait que le chiot sera une calamité. (Et c'est faux, je l'affirme.)
         Alors, alors ? Devant une telle impudence jugée trop discrète, le lésé voudrait crier, faire savoir au monde entier la forfaiture de son débiteur ? Eh bien figurez-vous, qu'ici, il peut le faire ! Mais ce sera silencieux, malin, élégant, oui, oui, élégant !

         Il existe des entreprises qui s'en chargent. Quoi, vous connaissez ? Oh, non, détrompez-vous! Pas l'huissier au regard implacable, qui, son dossier sur le bras, va, dès la porte ouverte, marmonner les chiffres en question ! Pas non plus l'organisme qui inonde de courriers menaçants, non.
        Alors quoi ? Ces entreprises possèdent un parc de jolies petites voitures non moins joliment et très abondamment illustrées sur leur carrosserie de leur raison sociale. Nul ne peut ne pas les remarquer et... tout le monde connaît la nature de leur fonction. Et quelle est-elle ?
        Chacune de ces petites voitures est conduite par un chauffeur vêtu... d'un impeccable habit noir de cérémonie ! Et que fait-il ?
       Eh bien, du jour du contrat - passé par celui dont la patience est à bout, au point de ne pas lésiner sur les moyens pour arriver à ses fins, et aussi pour sa satisfaction personnelle - au volant de son remarquable véhicule, ce "maître de cérémonie" va guetter le mauvais payeur, l'attendre devant sa porte, et ne plus le lâcher. Il "lui colle aux fesses", littéralement. Colle sa voiture dans tous ses déplacements, s'arrête à chaque endroit où il s'arrête, et l'attend, le temps qu'il faut ; stationne devant chez lui, de jour comme de nuit.

         Naturellement, avec la circulation, ce n'est pas commode, et... ça l'arrange ! Car le but est de se faire remarquer ! En deuxième file, il sort du véhicule, bien visible dans son habit irréprochable pingouineste ; ou bien, aux sorties de garages, s'il a gêné, il va s'excuser très poliment. Et généralement l'interlocuteur ne peut empêcher un sourire, car dès qu'il le voit, il sait ce qui se passe. Et, bientôt, les voisins, les passants, le quartier, tout le monde VA SAVOIR. Car l'on va deviner, reconnaître, et même
chercher l'identité de celui ou de celle qui fait l'objet de cette "élégante" poursuite, muette et silencieuse. Le poursuivi se fâche ? Interpelle son suiveur ? L'agresse ?  Verbalement ou même physiquement ? L'homme en habit, généralement taillé pour résister stoïquement aux assauts, reste de marbre. Il est payé pour venir à bout de la patience et de la honte du mauvais payeur.
         Et, ça marche !

       Je doute que les lois françaises, qui condamnent le harcèlement, permettent cette pratique. Et, question de mentalité, contrairement aux fiers Andalous, beaucoup de mauvais payeurs français s'en moqueraient comme de leur première couche-culotte. Moi, avec de très mauvais souvenirs comme victime de malhonnête, ça me fait sourire et l'idée me plaît bien !


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Samedi 15 mars 2008


           Menuiserie, carrelage, électricité, plomberie, peinture, couture, tapisserie papier et tissu... Que restait-il comme travail du bâtiment que Bricolo n'avait jamais fait ?
          De la maçonnerie. Ok, c'est fait ! Oh, pas la construction de quelque chose de très important, mais tout y était. Jusqu'aux ampoules à l'intérieur des mains. Car pour une petite fois, pas de frais de bétonnière, et je n'avais pas non plus le "truc" pour mixer le mélange. Aussi, le plus dur a été de mélanger correctement à la main arena-cemento-agua
(sable-ciment-eau) avec une petite pelle, dans un grand bac souple.
        Ce fut long, épuisant, surtout courbée et en plein soleil, car les matériaux à touiller pèsent très lourd. J'ai dû limiter chaque volume à la valeur de quatre grands seaux (le grand bac bleu sur la photo). De ce fait, ce fut l'obligation de recommencer plusieurs fois dans la journéee. Sur trois jours : une douzaine de fois. (D'où les ampoules...) Je n'imaginais pas qu'il m'en faudrait autant.
         Mais avant cela, j'avais dû apporter les briques jusqu'à l'endroit du travail. Et comme il y a de fortes pentes...
        Je peux l'affirmer à présent : si ce n'est pas très difficile, être maçon est vraiment un métier de costaud !

        Je me suis lancée dans la construction d'une jardinière. Particularités : dans la rue (il n'y a pas de trottoir) donc doit être très solide ; sur un sol très pentu ; et d'une forme trapézoïdale pour suivre le sol, donc veiller à maintenir lignes droites et équilibre.

        Idée farfelue, une telle entreprise ? Non : parce que j'avais beaucoup de gravats d'un petite construction neuve inachevée en briques, abattue pour changement d'emplacement. L'enlèvement des gravats coûte très cher, ici, dans le pueblo où seule une petite benne spéciale peut circuler dans les ruelles. Et puis cela me contrariait de jeter toutes ces briques neuves. Alors j'ai procédé à l'abattage moi-même, en évitant de trop les massacrer. J'ai pu ainsi en récupérer une partie. Mais il restait encore beaucoup de morceaux, nets mais inutilisables pour un mur. Alors j'ai pensé faire une grande et haute jardinière (haute, afin que les nombreux chats ne la voient pas comme un lieu d'aisance à leur intention), dont la plus importante partie intérieure basse serait un gros mur plein, construit avec ces gravats.
 
       Opération réussie !

d-but.JPG
         Il m'a fallu faire vite, car...  oh la, la !

        Partout, dans tous les pays, dans tous les villages ou les petits quartiers, il y a toujours un, une, des ... qui n'aiment rien, ni personne, et s'investissent redresseur de droit sans qu'on leur ait rien demandé. Ma construction a défrisé une habitante qui passait (pas même une voisine, sa maison est de l'autre côté du pueblo) qui a trouvé scandaleux que j'ose construire dans la rue, disant que c'était réservé aux services municipaux, etc., bref, elle était contre. Moment pas du tout agréable. Toutefois, ouf ! depuis la veille, tous mes voisins et voisines, qui connaissent et suivent les divers travaux de Bricolo, m'avaient interrogée en souriant sur ce nouveau "chantier". Or toutes et tous avaient affirmé que c'était une bonne idée pour la rue, pour le village, d'ajouter quelques fleurs, là. Soutien moral, non ? Alors, bien qu'un peu inquiète (car du débit rapide de la mégère, que j'avais eu de la peine à bien traduire, j'avais tout de même retenu des menaces de denunciacion), j'ai poursuivi mon travail. D'autant plus convaincue que cela protège aussi la porte de ma lingerie.
      (Pour laquelle j'ai taillé dans une vieille porte sculptée, afin d'en ajouter une demie supplémentaire + voilage (assorti à mes fenêtres) pour aérer lorsque les machines tournent.)
        Le lendemain soir, alors que je ne m'y attendais pas et tandis que je travaillais encore avec ma truelle, l'un des organisateurs des fêtes du pueblo, un peu comme un responsable municipal, est venu, a regardé, puis en souriant m'a dit : "Buonito, no problema."   La, la, la !

       Alors voilà. J'ai fait très vite pour terminer car je voulais que ce soit présentable dès demain dimanche, et que cela devienne une affaire classée. J'aurais aimé des fleurs bleues et jaunes, pour assortir aussi à mes tours de fenêtres, mais je n'en ai pas trouvé. J'ai jardiné avec ce qui se présentait, marguerites et petites fleurs jaunes et rouges au pied, pour un peu de couleur. (Je repeindrai le mur sale de pierres lorsque les travaux du niveau haut seront enfin terminés.)

terminee-face.JPG
terminee-int.JPG
            Non, non, c'est bien droit, c'est la prise de vue qui est de travers !
            Ah : un petit salut aux braves mules... qui m'ont fourni du bon fumier !


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Mercredi 16 janvier 2008

 
brume.JPG    
        Cette photo, prise ce matin, témoigne qu'il ne fait pas très beau, voyez là-haut, les nuages bien bas. Mais oublions-les et réchauffons-nous de la promesse de beaux jours prochains que nous offrent ces fleurs d'amandiers !

belles-fleurs-amandier.JPG
        Si vous êtes dans la grisaille et le "vrai" froid, imaginez que ce sont des fleurs de cerisiers qui annoncent le printemps...
        Ailleurs, quelques oliviers tardifs portent encore leurs derniers fruits bien noirs...

olives.JPG
         Au fait, si vous n'êtes pas d'une région méditerranéenne, sans doute connaissez-vous cependant les olives vertes et les olives noires.
Mais savez-vous qu'il ne s'agit pas de deux variétés, mais d'une seule ?
       Leur couleur correspondant simplement à deux stades de leur mûrissement. Celui-ci est très lent. Arrivé à sa taille définitive, le fruit reste longtemps vert, ferme et pulpeux à la fois, aussi le cueille-t-on ainsi à la fin de l'automne. La couleur noire n'apparaît que plus tard, juste avant que le fruit tombe. Sa pulpe s'est desséchée, l'huile est moins abondante, et, comme le fruit, plus forte en goût, jusqu'à une amertume acre. Mais comme il y a des amateurs, une petite récolte à ce stade est faite également. Mais attention ! Vertes, ou même bien mures et noires, les olives ne peuvent être consommées qu'après avoir subi un traitement. Des trempages divers dont je n'ai pas le secret.

        L'hiver, l'olivier ne perd pas ses feuilles vert-gris, au printemps ses fleurs sont si minuscules qu'on les remarque à peine, voilà, vous savez tout.
     
   

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Lundi 7 janvier 2008

        Hier, 6 janvier, dans toute l'Espagne, los Reyes, c'est-à-dire les trois rois mages, ont apporté les cadeaux comme le fait ailleurs le Père Noël. (Lequel, je vous l'ai expliqué dans un article précédent, tente de s'imposer et l'a précédé un petit peu... Mais pas officiellement, ni partout.)

          La veille avait eu lieu la "Cavalcade", qui est le défilé des enfants qui fêtent l'arrivée des mages. Dans les grandes villes s'alignent des chars somptueux. Celui de la capitale Madridèle est retransmis à la TV et se termine par un grand feu d'artifice. A bord des autres chars que ceux où trônent les rois, les enfants, souvent déguisés en elfes ou en petits personnages sympathiques, lancent des bonbons aux petits (et aux grands) de la foule nombreuse. Chacun des spectateurs est venu avec un sac, car ce sont plusieurs tonnes de friandises qui tombent ainsi généreusement du ciel, afin que nul ne puisse être oublié ! Chacun peut à volonté remplir ses poches. C'est mieux que le Père Noël qui oublie bien trop souvent les plus humbles...

         Dans les rues de mon petit pueblo, traditionnellement Balthazar, le mage noir, défile sur sa mule. Les enfants du village le suivent et lancent des bonbons devant les portes des maisons. J'ai voulu faire des photos, mais dans ma rue en pente la mule s'est emballée et... je n'ai pas été assez rapide !
          Mais votre imagination est vaste...

       Aujourd'hui, les gâtés, petits et grands, se reposent. Car lorsque, en Espagne, l'un des très nombreux jours de fête chômés est, ou bien, mobile, tombe un dimanche, le lundi est férié.

           Los Reyes ne m'ont pas oubliée. Pratiques, ils m'ont apporté :


          Quoi, quoi, quoi ? Des moufles ? Sur la Costa del Sol ?
          Eh bien oui !
         ??? Justement parce qu'ici le soleil fait longuement acte de présence toute l'année et chauffe l'atmosphère, les maisons ont de hauts plafonds, des sols en carrelage, et n'ont pas de chauffage installé. Alors lorsque, comme cette année, de temps en temps des jours d'hiver s'installent "comme au nord", brrr...
         Naturellement, tout le monde possède des appareils de chauffage individuels dans les salles de bain, et pour le reste de la maison, il suffit de se couvrir.
         Mais alors, les moufles ?
         Moi, j'ai très froid à mes petites mimines quand j'écris. Alors...


        ... ce sont de douces mitaines chauffantes, réglables, qui se branchent à l'aide d'une fiche USB !

        Et mes gentils petits pieds n'ont pas été oubliés !

       Drôlement sympas los Reyes !



         
                 Et vous savez quoi ?                         
               Ils n'ont pas oublié Bricolo !               


         Lorsque les gros travaux seront terminés, et tous les outils rangés, il restera ces petites merveilles sous mes yeux (qu'ils sont jolis!), et à portée de main pour les mille petites choses qui se présenteront... ou viendront à l'idée de Bricolo !                                                                                                                                              


        Et voilà, ce matin il fait beau. Dehors, j'ai entendu des clip, clop, clip, clop, familiers. Je me suis mise au balcon : pas de repos pour les mules !
        Vite, vite, photo ! Elles remontent dans la montagne pour continuer leur travail : tirer les herses qui désherbent sous les oliviers et les amandiers. Elles seules, sans bruit ni pollution de moteur, peuvent se déplacer sur les pentes raides, en douceur, sans casser les branches basses de ces petits arbres. Braves mules et mulets.


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