Vendredi 24 avril 2009

        Oui, le vieil arbre se défend !
         Vous savez, le grand eucalyptus de mon village... Celui dont le projet de la construction d'un petit garage particulier a mis la vie en péril, et qui a déjà été amputé de ses branches.
         Le garage ?  Bof. " Manana, manana..."  Comme pour beaucoup de choses ici, on prend son temps et les semaines ont passé sans travaux à l'horizon. Et que j'avais prévu s'est confirmé, il a refusé de mourir et a refait des pousses sur ses moignons.


        Alors, sauvé ?

        Heu... Il est question d'enterrer les gros cables électriques aériens qui alimentent le pueblo, ce qui est une bonne chose. L'antique installation primaire est en effet très laide. Heureusement, elle n'est pas visible de chez moi.


         Mais... quelqu'un a trouvé que le poste du transformateur serait très bien juste là où se trouve l'arbre dont on estime la surface qu'il occupe comme étant une partie communale.  Aussi, il y a deux jours, le rugissement d'une tronçonneuse s'est fait entendre sous mes fenêtres. Je me suis dit : "Ca y est, il est fichu !" et suis allée voir en emportant mon appareil photo.
         Ah, mais c'est que ce n'était gagné (pour ses bourreaux) !
         Il a bien été attaqué, comme j'ai pu le voir en descendant...


        ... mais il a résisté !  Sa dureté a fait casser une première chaîne,
        ... puis une seconde...

       
         - " Qu'est-ce que tu croyais, hombre ?"

          Alors les ouvriers sont partis... le laissant momentanément comme ils l'avaient trouvé, sauf un petit bout laissé sur le sol à son pied...


            Ah ! Mais ils se sont entêtés ! Et plus tard, ils sont revenus ! Avec une nacelle sur camionnette et du plus solide matériel. Mais finalement, dans cette journée, ils n'ont pu qu'entamer le moignon le plus accessible.


          Le projet initial devra peut-être être modifié. Certes il existe des machines capables de détruire des montagnes, mais aucun camion ni gros engin ne peut circuler dans le pueblo et parvenir jusqu'ici.  Tra-la-la !
          La suite ?  " Manana, manana ! "


 
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Mercredi 4 février 2009
           Costa del sol... N'empêche !
           Avant-hier, une tornade s'est abattue sur la ville de Malaga. Une vraie, vous savez, le gros cylindre... Elle s'est formée sans que personne n'y prenne garde, a fait de gros dégâts dans la ville même, puis a disparu dans la mer. Ah, décidément, le temps est détraqué ! De nombreuses routes sont bloquées par la neige dans des lieux  où de mémoire de seniors on n'en avait jamais vue !
           La capitale madrilène a été bloquée tout le week-end par des torrents d'eau, suivis d'un épais brouillard.  A Sevilla, le fleuve furieux et gonflé de troncs d'arbres arrachés, menace les ponts de la ville. Partout les rivières débordent. Les orangeraies, les vignes, les oliveraies sont inondées, et j'en passe.
           Un temps incroyablement capricieux :  Hier matin, au lever du soleil, j'ai découvert, soulagée, un ciel bleu limpide, le soleil a brûlé jusqu'à quatre heures de l'après-midi, puis soudain, une couverture nuageuse arrivant à toute vitesse a assombri le ciel, des éclairs ont fusé, le tonnerre a fait trembler les murs, et des tonnes d'eau mêlée de grêle se sont abattues à nouveau, comme deux jours auparavant.
Moi, dans ma petite maison, j'ai droit aux fuites au-dessus de ma tête. Au-dessus, le toit-terrasse n'en peut plus. Pas fait pour être une piscine !


           Du travail de colmatage et des travaux supplémentaires en perspective. Zut alors !

           Bah... en attendant, je travaille comme prévu. La preuve : ma (première) liste commence à bien rougir.  


           Cou-rage Bricolo ! cou-rage Bricolo !
(Auto stimulation : On n'est jamais si bien servi que par soi-même !)

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Mercredi 31 décembre 2008


     Difficile engagement mais...



Bonne année à vous toutes et à vous tous !


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Jeudi 11 décembre 2008

            Mon ami Jean s'est moqué des innombrables trous que j'ai percés dans les murs de ma petite casa. Ah, mais je vais lui prouver qu'il m'est arrivé, à l'inverse, d'en boucher une grande quantité !
            A l'extérieur, le mur sur la rue, au pied de ma maison, appartient normalement à la commune. Mais il fait partie de mon environnement, alors j'ai estimé qu'il était préférable de me charger de son entretien. Il est en grosses pierres, qui furent de nombreuses fois recouvertes de chaux. Il y avait de très nombreux trous car les pierres non taillées n'étaient pas toujours bien jointes. De vraies HLM pour araignées et autres bestioles ! Alors j'ai décidé de les boucher avec du ciment.
            Oh, la, la ! Alors que je pensais y passer un jour ou deux et finir un fond de sac, ce sont presque deux semaines et un sac entier de ciment + du sable qui ont été nécessaires. C'est fou ce que peuvent contenir des centaines de petits trous ! Ca donnait cela, avec un essai de peinture (car j'avais varié les plaisirs). Et c'est aussi fou le temps qu'il faut passer pour peindre des creux et des bosses !


           Mais ça valait la peine. C'était plus net et il n'y avait plus de petites bêtes qui montent, qui montent, et qui montaient  beaucoup trop à mon goût, en passant par la fenêtre.
           Toutefois je n'avais pas peint l'angle puisque le mur du débarras haut n'était pas terminé, cette partie serait inévitablement souillée d'éclaboussures de mortier en finissant de monter les parois de briques. J'ai donc attendu.


              Et le temps a passé.  J'avais tant d'autres choses à faire à l'intérieur... Que je n'ai toujours pas terminé le petit local. A présent, il me faudra attendre la fin des pluies d'hiver et de printemps.

               Noël approche, l'année va mourir vive l'année prochaine ! Partout on pavoise. Alors j'ai fait un (tout petit) effort pour mes petites voisines.


            Et puis... Vous voyez ce truc vert foncé, là-haut, derrière, sur le mur ?
            Parce que j'en avais assez de voir ce mur moche en attente de finition, et puisque j'avais tout sous la main pour coudre (tous mes rideaux), dans ma réserve de pièces de tissu, j'ai trouvé de quoi faire une housse cache-mur !   Ainsi s'illustre le cache-misère...

                    Et l'éblouissant soleil d'aujourd'hui a fait disparaître le reste du décor... 


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Vendredi 5 décembre 2008

            Catégorie "Andalousie" ou bien "Bricolo" ? Choix difficile aujourd'hui.

             Dans mon petit village andalou, en majorité, les portes d'entrée sont sculptées dans le même genre géométrique. Il en existe en bois massif bien solide, comme celle-ci, qui a besoin d'être rafraÎchie (c'est mon ancienne porte d'entrée sur la rue basse), si solide, qu'elle a parfaitement supporté d'être déposée puis posée ailleurs. Ne vous fiez pas à son aspect délabré, son bois est parfaitement sain malgré son âge. Le vilain aspect est dû à une ou même plusieurs couches de mauvais vernis qui s'écaillent.
             J'aime d'ailleurs penser que c'est le bois, vexé de ce mauvais traitement, qui les rejette. En attendant encore un peu, il n'y aura presque plus de grattage à faire, certaines parties - celles qui paraissent unies et plus claires - se sont déjà décapées toutes seules !


            A l'arrière plan, vous pouvez apercevoir une autre porte, blanche. Mais il s'agit de l'autre sorte de modèle, qui, tout en ayant le même genre d'aspect, en est une imitation encore plus inaltérable, puisque c'est de l'acier moulé ou plutôt embouti (pour les experts). Ce sont, en quelque sorte, les ancêtres des portes blindées, avec plutôt une idée d'économie par rapport au coût d'une porte en bois, que par besoin de protection car elles closent souvent de bien modestes maisons, ou bien sont des portes secondaires.
             Et justement, j'en ai une, pour l'entrée sur la rue haute.



            Oui, oui, elle sera repeinte, mais plus tard.
            Cette porte est (fut) le dernier problème de Bricolo. Certes elle est solide, mais parce qu'elle se trouve face au nord, en ce moment, alors qu'il fait froid, elle est glaciale. Froid qui évidemment se répercute dans le couloir et l'escalier. J'ai donc décidé de réaliser une portière isolante en tissu. Mais, deux problèmes : derrière, à l'intérieur, elle est encastrée entre le plafond et le renfoncement des murs, donc sans aucune place pour poser une tringle. Quant à fixer un système directement sur la porte, j'ai fait un essai dans le métal : une horreur ! à oublier.

             Alors Bricolo a fait marcher sa tête.
             Et si... Bah, pourquoi pas ? Allez, on verra bien ! Quoi ?
             Du bricolage avec du Velcro.
             Ainsi, j'ai collé deux bandes (blanches) sur le haut de la porte avec de la colle super forte. Deux, et contrastées (une piquante et une velours) pour plus de chance que cela tienne, car il me faut accrocher une grande surface de lainage épais, plus le rideau proprement dit, sur 2,30m de hauteur, c'est un certain poids.


            Ensuite, j'ai découpé une planchette solide sur laquelle, d'un côté, j'ai collé et également agrafé des bandes agrippantes correspondant à celles sur la porte, et de l'autre côté, vissé des petits pitons pour recevoir les crochets d'attache du rideau qui sera visible.



            Ensuite, j'ai simplement agrafé le grand drap de lainage isolant sur le bas de la planchette, puis je suis allée, tremblante, appliquer sur la porte la planchette alourdie de ce premier panneau de tissu. Moment décisif : Tiendra, tiendra pas ?
            Ca tient !

             Et avec les rideaux accrochés aussi !
            

         Ils sont en deux parties pour pouvoir accéder à la poignée (indémontable) apparue après une petite fente dans le drap de laine. La couleur de ce drap ? J'ai fait avec ce que j'avais, sans pouvoir choisir. C'est pourquoi j'ai cousu une large bande le long de la partie d'ouverture...

          ... de façon à ne voir que le tissu du rideau lorsqu'on soulève l'ensemble pour atteindre la serrure.
 

            Ouf, c'est fait. Mais... il y en a encore une autre porte métallique vitrée à l'étage au-dessus qui me mange aussi la chaleur de mon sweet home ! Mais ce sera plus facile, je mettrai une tringle.

             Bon week-end !
             Ici ce sera férié samedi-dimanche-lundi. C'est la fête de la Constitution espagnole, leur 14 juillet, quoi ! Mais moins agréable qu'en été pour faire la fête. Cette année, le froid et la neige engourdissent l'Espagne. Même dans le haut de l'Andalousie où un tel climat ne s'était jamais vu de mémoire d'une génération de senior.
          En bénéficiant du courant d'air particulier de la baie de Malaga, j'échappe à la neige à moins de 1000m d'altitude. Mais brrr... quand le soleil ne brille pas, c'est comme là-haut, en France ! ou... en Suisse !

        
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Mardi 2 décembre 2008

           Bricolo est contente d'avoir terminé (et cette fois, aidée*) ce qui fut si... bruyamment acrobatique et fracassant. Rayonnages pour collection de BD, sur une petite avancée du mur qui ne servait à rien, et rangements dans le volume haut perdu jusqu'au plafond. Pas de portes, trop difficiles à faire là-haut ( j'en sais quelque chose), mais deux rideaux entièrement encadrés pour qu'ils ne volent pas dans les courants d'air, et pour que ce soit plus net. 
        * Aidée par sa fifille. Normal, les BD sont les siennes... ( Y'a plein de place chez maman ! )



            Tout en couleurs...

            Ouille-ouille-ouille, c'était vraiment haut !





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Lundi 24 novembre 2008

           Bricolo est prudente. C'est une obligation pour tout bricoleur, surtout si l'on travaille seul à toutes sortes de travaux, petits et grands, que ce soit avec un simple marteau ou avec des engins électriques.
           Donc, Bricolo, qui connaît bien tout ça, fait attention.
           Et pourtant , il y a quelques jours : Patatrac !
           Heureusement, ce jour-là son ange-gardien l'avait à l'oeil...
           Hôpital, scanner, radios. Ouf ! : RAS. Pas d'hémorragie interne (ni aucune plaie ouverte), rien de cassé, même pas une luxation. Des grosses bosses, de larges bleus partout devenus noirs et jaunâtres, oui, des tas. Mais ce n'est rien du tout.

          Depuis trois ou quatre jours, Bricolo travaillait en altitude, dans la cage de l'escalier, tout en haut jusqu'au plafond, pour installer d'autres rangements.  A l'aide d'escabeaux de diverses hauteurs et d'une haute échelle, pas en alu, plus lourde, donc bien stable, et - summum  du confort  et de la précaution - des petites marches spéciales qui s'adaptent sur les échelons pour permettre d'avoir les pieds entièrement  posés, et non en appui sur quelques centimètres de barreau. Bon. Tout allait bien. Monter, descendre, ce n'était pas très commode, mais le travail avançait tranquillement.
           Et puis il y eut de nouveaux trous à percer. La lourde grande échelle est déplacée, ses pieds "antigliss" bien posés. Tout est prêt là-haut, à portée de main, pour éviter trop de montées-descentes.
           Un trou. Le mur résiste un peu, mais la perceuse en a rencontré de bien plus coriaces. Voilà, c'est OK. Toc-toc du marteau  : la cheville est en place.
           Deux trous. OK.+ la cheville.
           Trois trous. OK.+ la cheville.
           Quatre trous. OK + la cheville.
           Cinq trous. OK + la cheville. Tout va bien. Allez, encore un.
           Six trous...  glissade, choc. Rideau. Plus là Bricolo.

           ... Des voix. Femme, homme. Je comprends un peu, mais j'ai les yeux fermés, je suis bien. Pas envie de répondre. Plein de bruits autour de moi. Toujours des voix. Non, pas envie d'ouvrir les yeux, je suis bien comme ça. Qu'ils attendent. On veut me saisir, me relever. Je fais signe que non,  qu'on me laisse encore tranquille...
            Bien. Dans ma tête, je récapitule. D'après les bruits, je suis chez moi, en bas de l'escalier, sur le petit palier d'entrée sur la rue haute, dont la porte était ouverte car mon établi de travail est installé dehors.
           Je passe l'inspection. Mes doigts, mes poignets : bien. Mes bras aussi. Pieds, jambes ? Non, pas de bobo je crois. Profonde respiration... ça va, douleur nulle part. Bon. Ah, mais ils s'affolent, les pauvres. Allez un effort, faut pas les laisser comme ça.

            J'ouvre enfin les yeux, je souris. Je suis affalée au milieu de mes outils. Quelle pagaille ! Toutes les vis contenues dans mes casiers ont volé pêle-mêle partout...  Je souris encore et je tends les bras comme un bébé pour qu'on m'aide à me relever. Doucement... Pas trop vite. D'abord m'asseoir sur la marche de l'entrée. Revenir peu à peu sur terre.
            Que s'est-il passé ?

            Sa porte ouverte, car il faisait beau, une voisine a entendu un grand vacarme métallique. Elle a pensé qu'il s'agissait d'un incident dans l'échafaudage de l'église voisine qui est en travaux. Elle est sortie pour voir, et alors m'a aperçue ratatinée, inerte, sur le sol de mon entrée. Elle a sans doute rameuter les ouvriers d'à côté. Ce devait être les voix d'hommes que j'ai entendues. (Plus tard, j'ai constaté, surprise, que ma grande échelle, qui est en quatre parties, était repliée et rangée. Je ne m'étais rendu compte de rien. )
            J'abrège. J'allais bien, un peu sonnée mais aucune douleur, sinon deux très grosses bosses sur le crâne. Alors cette gentille voisine m'a dit d'attendre le retour de son mari (elle ne conduit pas) pour me conduire à l'hôpital. J'ai d'abord dit non, puis me suis ravisée quand j'ai regardé d'un oeil critique la hauteur depuis laquelle je m'étais envolée sans ailes !

             Le lendemain, j'ai examiné les lieux du crime pour comprendre. D'abord mon inconscience. En fait, dans la première seconde, j'ai dû m'assommer en frappant de la tête la rampe d'escalier en fer forgé. Ce qui explique que je n'ai rien vu, ni senti du reste de ma chute. Une inconscience qui a amenuisé les chocs, car je suis tombée toute molle, sans la raideur des réflexes, mains en avant, etc, qui occasionnent souvent des blessures de ces précieux outils !
             Et puis j'ai voulu savoir pourquoi j'étais tombée, ce qui n'était pas évident.
Conclusion de Bricolo-expert  = Coupables : les petites vibrations de la perceuse. Lesquelles se sont répercutées en moi, qui les a répercuté à l'échelle, laquelle, d'une façon imperceptible s'est déplacée jusqu'à glisser en déséquilibre. Un ou deux trous de moins, et il ne serait rien arrivé ! Ou bien si je m'étais interrompu pour descendre chercher quelque chose dont j'avais besoin... mais j'avais tout préparé !

            Ah, ces petites vibrations... Rien de bien remarquables et bien éloignées de celles d'un marteau piqueur ! Et pourtant... Devant percer souvent, je savais penser aux effets des vibrations dans le mur. Et, par exemple, je décrochais un tableau, ou retirais un objet fragile d'une étagère proche. Mais j'avoue n'avoir jamais pensé qu'elles pourraient être dangereuses, dans l'autre sens, c'est-à-dire à travers moi !  Sans vraiment y réfléchir, il me semblait que la chair, matière souple, amortissait les petites vibrations comme du caoutchouc. Eh bien non. CQFD.
            Retenez bien, bricoleuses, bricoleurs : petites vibrations = danger !

PS : Rien au visage, habillée (en pantalon) : rien d'apparent. Merci l'ange !


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Mercredi 12 novembre 2008

             Oui, il méritait mieux que ma dernière banale photo peu représentative de son grand âge, ce grand eucalyptus. Alors je suis descendue pour mieux le regarder puisqu'il devrait bientôt disparaître à jamais.
             Le voici, avec le petit bout de terre à sa gauche, qui, creusé pour laisser place à un garage privé, devra rompre ses racines et peut-être même obligera à l'abattre complètement. Car je pense qu'il ne se laissera pas facilement faire, et que, pour permettre le dégagement, les ouvriers devront employer de grands moyens qui l'extermineront.
           
            Le chat, les pattes en l'air (s'en fiche, lui !), donne la démesure de son pied.
            Quand je disais qu'il était grand... Même privé de ses branches, il en impose encore.


             Et il tient tête aux humains ! La preuve : ces quelques feuilles que le soleil andalou encourage, sans attendre le printemps. 


            Je suivrai, et vous ferai suivre, le dénoûment de cette nostalgique histoire.

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Vendredi 7 novembre 2008

            Jusqu'au mois dernier, il y a quelques jours, j'avais encore cette vue-là, sur la droite, lorsque je regardais par la fenêtre :



            Tout ce feuillage, c'était un seul arbre. A présent, c'est fini. Il y a un grand vide qui, les premiers jours, m'a donné le vertige.



             Ce grand eucalyptus haut de plus de six ou sept étages a été dépouillé par une tronçonneuse. Certes il avait besoin d'un rafraîchissement. En entendant le bruit désagréable de l'outil, je ne me suis pas étonnée qu'il subisse un bon élagage. Mais je me trompais. En réalité, il a été condamné. Ce qui subsiste de son tronc gigantesque est en sursis. Le petit terrain sur lequel ses racines se sont étendues vient d'être vendu pour construire un garage privé de deux voitures.
           Il est vrai que pouvoir stationner à l'intérieur du village en empruntant les quelques voies accessibles en voiture est difficile. De plus, une bonne dizaine de jeunes gens préparent leur permis de conduire, ce qui prochainement augmentera d'autant le nombre de véhicules. Mais c'est, à mon goût, et pas seulement au mien, un gros pincement au coeur. Je n'aime pas qu'on abatte les arbres.
            Son martyr a fait des observateurs. Des gens, que je ne pense pas écologistes très engagés, qui pourtant ont soupiré. Pourquoi ? Parce cet arbre est âgé de plus de 150 ans !
            Des Anciens d'ici, plus qu'octogénaires, se sont souvenu avoir joué à l'ombre de ses branches lorsqu'ils étaient enfants. Je les ai interrogés, et l'une d'entre eux, aujourd'hui arrière-grand-mère, m'a dit que son propre grand-père avait là, dessous, lorsqu'il y avait moins de maisons (qui sont pourtant presque centenaires), une cabane pour les outils de sa vigne qui descendait jusqu'au bas du vallon.
             Décennie après décennie, au fur et à mesure de l'assèchement des rios, les nombreuses vignes de la région ont disparu. L'eau devenait trop pénible à acheminer, la rentabilité était nulle. Alors ici, seul cet arbre, imposant, est resté. Imposant : jugez-en au volume de son double tronc :


            J'ignore quand auront lieu les travaux. Peut-être aura-t-il le temps de refaire, au printemps, quelques bouquets de feuillage ? Car tous ses bois sont sains, sans le mondre signe de faiblesse ou de maladie.
            Bien que nouvelle habitante, je le regardais comme l'âme du village. Il aura connu au moins dix générations d'humains qu'il aura ombragés, car il était le seul arbre. Mais les humains, ingratement, trouvent aujourd'hui qu'il gêne...
            Ce n'est qu'un arbre, mais je suis touchée. Et il me revient avoir connu une même tristesse à propos d'un magnifique chêne du même âge, en France, devant chez moi à la campagne. C'était encore plus injuste, stupide, inconscient. Juste pour gagner quelques mètres carrés dans un grand champ ! J'avais fait un micro reportage-photos que j'avais adressé au paysan, autant comme reproche que comme souvenir. Nous étions en bons termes, il m'a dit merci, mais je crois que personne chez lui n'a compris...
            Si je le retrouve... (Le document, pas le paysan !)

            Oh, mais à propos à la fois d'arbre et de chien, savez-vous qui est le petit chien de bande dessinée qui hurle de chagrin chaque fois qu'un arbre est abattu ?


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Dimanche 5 octobre 2008

      Oui, consternée. Ce fut mon humeur après un reportage TV.
      Je vis en Espagne mais je n'aime pas les corridas. Je n'y assiste donc pas. Et faute d'être en mesure de refaire le monde, je respecte cette institution.
      Mais ce que j'ai vu hier...
      Dans un village, une fête locale appelée " Le toro de la vega " battait son plein.  Encore une cavalcade de taureaux en liberté dans les rues, me suis-je dit, habituée à ces coutumes du sud méditerranéen et pyrénéen. Elles sont nombreuses et génèrent de graves accidents. Tant pis pour les participants, ils ont ce qu'ils cherchent.
      Mais ça !
      L'animal est poursuivi par des hommes à cheval et à pied, armés de grandes lances. Il est ainsi agressé, tailladé, transpercé par n'importe qui, n'importe comment, partout où son corps a pu être atteint par les barbares. Une horrible boucherie.
      Blessé, épuisé, lorsqu'il ralentit son allure, les brutes s'approchent et le harcèlent davantage, lâchement, à distance de leur longue lance qu'ils plantent, retirent, replantent. Ecoeurée, j'ai détourné les yeux de l'écran, mais un instant plus tard, j'ai vu une dernière scène insupportable.
      Armé d'un poignard, un jeune homme s'acharnait à marteler, pour le pénétrer, le crâne de la bête tombée sur les genoux...
      En un éclair, dans ma tête se sont superposées des images de toutes époques et de tous lieux du monde. Violences, massacres, horreurs sans nom, sous couvert de guerre, ou bien en atrocités civiles. Alors j'ai pensé que tout ce qu'on nous dit, des affres de l'enfer, a eu pour exemple ce dont sont capables les humains sur terre...
      Quant à la religion... J'ai appris que chaque année, ce toro, torturé jusqu'à la mort, est dédié à la Vierge !
      Il me faut toutefois ajouter que simultanément, lors de ces heures sauvages, se déroulait  sur place une importante manifestation de défenseurs des animaux, venus en nombre.
      Pour terminer l'émission, un micro-reportage, auprès des "braves" villageois et villageoises, afin de leur demander leur avis  sur cette polémique, n'a donné qu'une seule même réponse : " Mais c'est la coutume ! "
      De quoi être consternée, non ?



Je réponds ici au commentaire de Ibios :

Tu trouves le fond rouge de l'article agressif,
c'est voulu : la couleur évoque le sang.
Tu es gêné par cette simple tâche de couleur sur ton écran ? Alors imagine ma gêne en voyant du rouge jaillir d’un être vivant !


Ibios, tu écris :
…A propos de ton article "taureaux", les excès, dérives, paradoxes, us & coutumes, comme par exemple en Espagne (mais aussi dans pas mal d'autres pays, dont la France) sur la mise à mort d'animaux pour le plaisir, le profit et la distraction des humains (taureaux, volailles, chiens, baleines, bb phoques, tigres, etc.),
je dirai ceci : nous vivons (dans les pays dits civilisés) avec des notions, des habitudes, des expo, des pratiques, etc,. que nous jugeons (apprécions) dans leur ensemble comme étant amorales et hors normes, … »

Ce que tu dis là n’est que le constat de choses que n’importe qui, même un enfant, pourrait dire, 
puis tu conclus :

« … mais après tout, qu'est-ce qui est normal, et ce qui ne l'est pas ? »

Je réponds à cette question :
Nous savons que la douleur existe et pourquoi on a mal. Les chercheurs l’ont étudiée.
Si nous ne pouvons rien assurer sur les sensations des végétaux, nous savons que les humains et les animaux peuvent souffrir dans leur chair. Or nous sommes une communauté d’humains vivant en 2008, et unanimement nous estimons que la souffrance doit être soulagée, d’où les calmants et les anesthésies. C’est notre norme. En conséquence il est très clair qu’il devient anormal de provoquer volontairement des souffrances sans raison thérapeutique, tant aux humains qu’aux animaux. Toute souffrance provoquée est donc une torture. Rien de moins.

Tu continues :
 « …Sommes-nous obligés de regarder ? Non. Car on a le choix d'éteindre la tv ou la radio et de ne pas lire la presse qui relate l'éventail des négatifs humains. »

Strictement dans la pratique, il est vrai que l’on peut choisir de ne pas regarder. Mais, ne pas voir, ne veut pas dire : ne pas savoir. « Fermer les yeux » a deux sens. Dans le premier, mécanique, on s’épargne des scènes odieuses. Dans le second, on fait preuve de lâcheté. La lâcheté des faibles peut s’excuser. (Faiblesse : être seul, isolé, et/ou malade.) La lâcheté des autres, non.

« … cela se passe, et devrait-on laisser faire,  encore et encore, ces choses-là ? »
Non. Et au minimum affirmer son désaccord.
 
 « … Quelles seraient les possibilités à éventuellement réfléchir et adopter ? »

 « ... seraient ? » Ne sais-tu pas que depuis plus d’une vingtaine d’années, partout dans le monde, de très nombreuses personnes ne se posent plus seulement la question mais agissent ?


 


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