Vendredi 5 août 2011
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Le sujet d'un article ancien que j'ai lu dans "Ca m'interesse" (Déc.2006 -
Cl.Sauvaire) m'a paru être d'une actualité permanente, bien qu'elle nous échappe. J'en ai tiré une réflexion qu'en deux mots mon titre résume :
HYPOCONDRIE INDUSTRIELLE *
Les chercheurs de l'industrie pharmaceutique, tous pays confondus, ont bien travaillé. Toutes les maladies
courantes ont leurs remèdes, bravo !
Mais, revers de la médaille qui ne convient pas aux dirigeants de ces sociétés qui pensent "chiffre
d'affaires" : désormais la concurrence étouffe le marché. Lorsque déjà une douzaine de médicaments d'appellations différentes est proposée pour soigner un même mal, il leur paraît inutile, et
surtout d'une rentabilité plus que douteuse, d'inventer une énième pilule.
- Que faire pour maintenir et développer nos ventes ? se sont donc interrogés les industriels. Forts en idées mais
faibles en scrupules, ils ont trouvé : suggérer de nouvelles maladies !
Le champ d'investigation est sans limites. Notamment, les populations des pays riches, dont la durée de vie
s'allonge, ne peuvent toutefois pas empêcher l'usure du corps, soit une aubaine pour les laboratoires.
Première méthode : Amplifier pseudo scientifiquement et transformer en vraies maladies les multiples petits
maux que chacun ou chacune peut déplorer, difficiles à contester du fait que le ressenti est individuel.
Deuxième méthode : Présenter comme des maux à soigner les processus parfois inconfortables du travail du corps
humain, comme, entre autres, les étapes de la digestion, la fatigue musculaire due à l'effort ou à l'âge, les processus hormonaux, le sommeil, etc.
Troisième méthode : Anticiper un risque supposé, le présenter comme une maladie à enrayer sans
attendre.
Ainsi, la coïncidence est systématique entre la mise en évidence de la pathologie et la commercialisation largement
médiatisée à laquelle nul n'échappe. La liste de nouveaux traitements ne cesse de s'allonger.
Depuis plusieurs décennies, on savait que la consommation de médicaments allait en augmentant, toutefois cela
se maintenait dans le domaine réellement médical. A présent, nombre de médicaments et traitements se situent dans le domaine du confort, souvent
superflu.
Eh oui ! Peu à peu, les industriels ont réussi à nous faire oublier que nous sommes des êtres faits de
chair, d'organes élastiques et de membres mobiles qui se modifient sans cesse de la naissance à la mort. Ils ont fini par nous faire croire que ressentir toute cette turbulence n'était pas
naturel, que tels des machines, nous ne devions accepter aucune sensation, aucune modification, aucune usure. Certes, se soigner, pouvoir faire disparaître de réelles douleurs sont des bienfaits
qui se justifient. Mais... trop, c'est trop.
Les "riches" que nous sommes sont devenus des "douillets" et des "douillettes" qui ne supportent plus les
moindres bobos. Pas de quoi être fiers ! Il faut voir avec quel courage des millions de "pauvres", du bébé au vieillard, supportent stoïquement les plaies douloureuses, les maladies, la
faim. Ils sont pourtant les mêmes Terriens que nous.
Alors ? Plus que jamais il convient d'être raisonnable et vigilant, tout autant que pour tous les autres produits de
consommation, et avec d'autant plus d'attention qu'ils peuvent agir a contrario d'une bonne santé, surtout en automédication, facilitée par les non inscriptions au tableau des produits vendus sur
ordonnance médicale.
¡Cuidado todos!
*HYPOCONDRIE : Psychiatr. Inquiétude chronique pathologique concernant l'état de fonctionnement de ses
organes et entraînant la recherche continuelle de soins. (Gde encycl. larousse)
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